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mardi 1 avril 2008

hip hop VS guerra

On prend le mic' à Caracas, pour se rappeler que le 11 avril, cela fait 5 ans que l'Irak est mis à mort par l'armée américaine. Tant de victimes, chaque jour, paient les frais d'une guerre dont certains ont déjà oublié les raisons.


Prise de conscience difficile... mais le monde change. Partout, des mouvements d'enfants, de femmes et d'hommes se soulèvent pour que règnent la justice et le respect.

On se rappelera aussi du coup d'Etat contre le gouvernement de Chavez, un an plus tôt. Les plus riches patrons du Venezuela, avec le soutien des Etats-Unis et de la CIA, avaient démi le président Hugo Chavez de ses fonctions du 11 au 13 avril 2002.

"Cada 11 tiene su 13"

A ce sujet, je vous conseille ce docu, réalisé par Kim Bartley:

"La révolution ne sera pas télévisée"


A Caracas au moment des faits pour réaliser un portrait du président, l'équipe de reporters à vécu la destitution de Chavez depuis Miraflores.

dimanche 16 mars 2008

Vivé Movil





























Pendant une semaine, je suis partie en tant qu'assistante de production avec l'équipe de "Vivé Movil", de la chaîne VIVé (communautaire nationale ). Nous avons silloné huit villages de l'Etat de Yaracuy (à quatre heures de route de Caracas), à la découverte des mouvements sociaux qui y ont vu le jour. "Madres del Barrio" ("Mères du Quartier", pour aider les mères seules, dans le besoin), conseils communaux (rassemblements de personnes du quartier pour discuter des besoins de la communauté), organisations culturelles (peinture, sculpture, musique, danse, ciné-club, télévisions communautaires,...), mouvements de jeunesse sont des exemples d'espaces sociaux qui ont vu le jour depuis que Chavez est au pouvoir. C'est peu dire que le peuple a pris conscience de l'enjeu qu'il y a à s'intéresser à la politique. Avant, les pauvres n'étaient rien ici. Ils étaient gouvernés par une "démocratie déguisée" (pour reprendre leurs mots); un président de la droite, qui passait sans cesse des messages commerciaux à la télévision. Ils avaient l'impression que sans consommer tous les produits des publicités, ils n'étaient rien. A la télé, dans la rue, dans les magasins, c'était toujours le même schéma de l'idéal qui passait :le Blanc, nickel, qui vit dans les banlieues chics de Miami, qui possède les appareils derniers cri, qui a trois voitures de sport, etc.
Mais les pauvres étaient de plus en plus pauvres. L'inflation permanente et leurs salaires toujours plus bas les empêchaient de manger, de s'instruire, de vivre...
Et un jour, ils en ont eu marre. Une période d'intense révolte a eu lieu, fin février 1989. Elle a pris le nom de "Caracazo". Il y a eu beaucoup de morts: entre 400 et 2000... tout dépend du point de vue... Pratiquement tous ont été tués par la police.
Pendant ce temps, Chavez était militaire, et avait déjà fondé le Mouvement Bolivarien Révolutionnaire-200(*), pour sauver le peuple des horreurs de l'oligarchie d'alors. En 1992, il tente un coup d'Etat contre le président Carlos Andrés Pérez. C'est là que le peuple vénézuélien a vu une lueur d'espoir, pour un futur meilleur. Après sa détention de deux ans en prison, Chavez se présente aux élections présidentielles de 1998, sous l'impulsion de la classe populaire (agriculteurs, ouvriers, gens de la rue, vendeurs informels, jeunes et vieux). Il gagne grâce à une campagne électorale où il promet de donner au peuple le droit à la souveraineté du pays (c'est à dire à profiter des richesses que le Venezuela possède, comme par exemple les bénéficies liés à l'exportation du pétrole). Il propose un programme social riche de changements positifs pour les rejetés de la société : accès à l'éducation et aux soins de santé, notamment. Il veut que tout le monde s'intéresse à la politique, pour que chacun puisse prendre son destin en main. "Le pouvoir pour le peuple, par le peuple !" Chavez s'est inspiré des idées de Simon Bolivar pour créer sa politique. Bolivar voulait la liberté de sa patrie, qui à l'époque était sous la domination espagnole. C'est de là que vient l'expression "révolution bolivarienne" tant critiquée par les médias de l'opposition, faisant passer Chavez pour un idiot, alors qu'il veut plus que tout la liberté des vénézuéliens, la fraternité et la solidarité entre les peuples d'Amérique Latine, la paix dans le monde.

En 1999, il propose une réforme de la Constitution. Elle est acceptée haut la main. Mais déjà, l'opposition voit en ce nouveau président un coup de frein important. Alors qu'avant Chavez, les institutions appartenaient à l'élite, qui se partageait le pouvoir entre amis de la haute société, les choses changent radicalement. Chavez vient du barrio et il tiendra sa promesse d'agir en faveur des pauvres.

Cela va également à l'encontre de la politique impérialiste des Etats Unis qui, depuis tant d'années, profitaient du Venezuela. Le socialisme de Chavez est tout à fait opposée à la politique néo-libérale de Bush. Dès lors, la bataille commence: diabolisation du président vénézuélien, envoi d'agents de la CIA pour saboter, alliance avec Alvaro Uribe, le président de la Colombie, qui envoie ses para-militaires au Venezuela pour créer un trafic de narcotiques dans le but d'accuser Chavez,... et la liste est encore longue. C'est le côté médiatique qui a évidemment retenu toute mon attention.

Au mois de décembre 2007, il y a eu ici un référendum, pour demander aux Vénézuéliens s'ils étaient d'accord de modifier 69 articles de la Constitution, et ainsi franchir un pas supplémentaire vers un Etat socialiste.

Les pires horreurs ont été véhiculées sur Chavez par l'opposition. Ce sont ces propos qui ont été relégués à travers le monde. Je me suis occupée de récolter tous les articles qui parlaient du référendum dans la presse francophone belge. Il y en a eu très peu, et dans 90 % des cas, c'était des propose contre Chavez, qui allaient d'un degré faible à injurieux.

Je suis venue ici avec tous ces articles. Après les avoir traduits, je vais maintenant les pésenter à un panel de personnes très large. Parmi mes contacts, j'ai notamment des écrivains, des sociologues, des professeurs d'université, des journalistes, des chefs d'édition, des personnes du ministère de l'Information et de la Communication, mais également des gens du barrio, des étudiants, des agriculteurs, des artistes. Je vais leur demander ce qu'ils pensent de ce qui a été écrit. J'ai testé la manoeuvre avec quatre personnes. La première parole qu'elles m'ont dites, toutes les quatres est : "C'est du mensonge!"
C'est avec plaisir que je vous présenterai les résultats de mon enquête.
D'ici là, méfiez vous des médias !
(*) MBR-200 : pour commémorer les 200 ans de la naissance du Libertador Simon Bolivar






samedi 1 mars 2008

Une belge à l'Université Bolivarienne du Venezuela


Un peu à l’écart du centre nerveux de Caracas, se trouve la cité universitaire. Il y a là trois unifs : l’Université Centrale, l’Université Catholique et l’Université Bolivarienne. Connaissant mes idées politiques, vous ne serez pas étonnés que j’aie choisi de pénétrer dans la troisième. Elle a été fondée en 2003, sous l’impulsion du Président Hugo Chavez. Il voulait offrir aux couches de la société les plus pauvres l’opportunité de poursuivre leurs études. Et de fait, l’inscription est gratuite ! Fini la discrimination !

Je me suis faufilée discrètement dans l’enceinte de l’unif. Pour cela, première étape : passer le détecteur de métaux de l’entrée (genre aéroport). Là, se trouve un parking entouré d’un magnifique jardin, où les palmiers donnent de l’ombre à la terrasse de la cafet’. Rafraîchissements (jus de fruits frais à volonté mais rien d’alcoolisé) et collations permettent aux étudiants un repos bien mérité.

Pour certains d’entre eux, la journée commence à 5 heures du matin, quand le car de l’unif vient les chercher. Les cours se poursuivent parfois jusque 18h30… alors imaginez la résistance !


Les organisations estudiantines des étudiants de l'UBV sont tournées vers le social et la politique. Ici tout le monde s’implique. Des plus jeunes aux plus vieux, les hommes et les femmes, les Noirs, les Indigènes, les Blancs, les Métisses : chacun peut trouver sa place de protagoniste dans le processus révolutionnaire. C’est passionnant !

Les sorties, c’est pour la fin de la semaine. Et là, je pense que j’ai trouvé de bons compagnons de guindaille ! Ah, ça ! Ils savent boire ici ! Les « FONDO BLANCO » (à cul) n’en finissent pas ! Il faut tout de même préciser que la bière n’est pas ce qu’il y a de meilleur. Elle est jaune très claire et elle ne pétille pas des masses. N’empêche, ce breuvage les emmène jusqu’au bout de la nuit sur les accords de salsa, de reggaeton (mix entre le reggae et le RnB) et de drum n’bass, dont ils raffolent ! Et tout le monde danse ! C’est extraordinaire ! Ils ont le rythme dans la peau, rien à dire ! Sur ce point, c’est nous qui avons quelques longueurs de retard !

Lors de ma visite de l’UBV, j’ai rencontré Dannis, un étudiant de 21 ans en communication sociale. « Pour nous, cet endroit est comme un rêve. Le Venezuela a toujours été un pays très riche grâce à ses ressources naturelles (première réserve mondiale de pétrole). Mais les gens pauvres n’avaient droit à rien ! L’économie, l’éducation et les soins de santé se sont améliorés de façon fulgurante. Aujourd’hui, 90 % de la population est instruite, peut manger et a accès aux soins de santé. Avant Chavez, c’était impossible. » Mais le jeune homme est conscient du revers de la médaille. « Tout le monde sait que la corruption pullule au gouvernement. Le président devrait faire un grand nettoyage dans les personnes qui l’entourent : il gagnerait en crédibilité ! » Et ce n’est pas tout. « Il y a aussi le problème des ordures. Les immondices polluent notre espace de vie. Les conseils communaux doivent travailler sur ce point ! » Il a été émerveillé quand je lui ai parlé de notre système de recyclage. « C’est ce qu’il nous faut ici ! » a-t-il conclu !

En se promenant sur le campus et dans les couloirs de l’unif, on ne peut manquer de remarquer que l’image du Che Guevara est omniprésente. Le guérillero représente l’idéal du socialisme. Celui qui a tant lutté pour la liberté du peuple reste l’indétrônable mythe des Latinos.

Quand j’ai demandé à Dannis ce qu’il pensait de l’Europe, il m’a très honnêtement répondu : « Je ne sais pas grand-chose. Mais je sais que c’est de là que vient Marx ! Vous avez des gouvernements de droite. Et même si certains s’autoproclament de gauche, ils ne représentent pas le vrai socialisme. Ici, les partis de droites disent qu’ils s’inspirent de la politique du parti socialiste d’Espagne. Ça veut tout dire ! ».

Pour la Belgique, son message est simple : « Bonne chance aux partis et aux mouvements progressistes ! »



¡ HASTA LA VICTORIA SIEMPRE !






"Soyez réalistes : demandez l'impossible"
[Ernesto Che Guevara]